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J'ai marché dans l'eau tiède et moirée des marais
Dérangé par mes pas de si nombreux orvets
La mousse autour des troncs, le bruissement des joncs
M'emplissent de bonheur, un trop plein d'émotion
Et la chaleur qui monte en vagues successives
Tant cette canicule rend les vipères lascives
Reflets dedans l'eau calme en cercles concentriques
Ondulations charnues, la nature excentrique
Et les saules voûtés en groupes dispersés
Perdent en société leur allure désolée
Les élégantes barques, silhouettes furtives
Quelques coups de rame, de si frêles esquives
La journée qui s'avance et les ombres grandissent
Revenir au ponton avec nos yeux qui plissent.
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