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J'admirais tant chez toi la tranquille insouciance
Suprême nonchalance, ou don pour le bonheur ?
Et toujours de la vie profiter à toute heure
Un nouvel art de vivre, une totale insolence
De la guerre mondiale nous revînmes vivants
Tous ces charniers puants, et ces tristes enfants
Oubliâmes à mesure, la victoire en chantant
Cette époque infernale nous a laissé confiants
M'établissant enfin pour les trente glorieuses
En ce pays de Cau, lunaire par moment
Carrières de calcaire éventrées par le temps
Longtemps à tes côtés je pourrais être heureuse
L'Indochine t'appela, l'aventure m'attira
Balles de mitrailleuses, mines bien enfouies
Barbelés aiguisés, une violence inouïe !
Des rats ventripotents, aussi la malaria
Tu perdais ta candeur, et ton regard si triste
Mes colères et mes pleurs, en tragique destin
Changea notre aventure, ce goût pour le festin
Nous faisaient regretter d'avoir repris la piste
Au retour cauchemars et bien pires pulsions
Bien calmées en fuyant, une dose d'absinthe
La cuillère finir pour bien calmer la plainte
La nuit se relever tout en transpiration
Descendre aux enfers, imaginer l'argile
A la mort demander preste consolation
Les souvenirs refluent, avec leurs émotions
A l'appel du néant s'imaginer docile
Les défis permanents, ne pas les relever
A ses idées d'enfance savoir rester fidèle
La vie tout du long au malheur nous appelle
Comme à une bataille l'existence défier !
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