Ray Sucre et Robinson

 

Mes poèmes - Moi

 

J'admirais tant chez toi

le jeudi 24 décembre 2015, à 09:56. Posté par Ray


    J'admirais tant chez toi la tranquille insouciance
    Suprême nonchalance, ou don pour le bonheur ?
    Et toujours de la vie profiter à toute heure
    Un nouvel art de vivre, une totale insolence

    De la guerre mondiale nous revînmes vivants
    Tous ces charniers puants, et ces tristes enfants
    Oubliâmes à mesure, la victoire en chantant
    Cette époque infernale nous a laissé confiants

    M'établissant enfin pour les trente glorieuses
    En ce pays de Cau, lunaire par moment
    Carrières de calcaire éventrées par le temps
    Longtemps à tes côtés je pourrais être heureuse

    L'Indochine t'appela, l'aventure m'attira
    Balles de mitrailleuses, mines bien enfouies
    Barbelés aiguisés, une violence inouïe !
    Des rats ventripotents, aussi la malaria

    Tu perdais ta candeur, et ton regard si triste
    Mes colères et mes pleurs, en tragique destin
    Changea notre aventure, ce goût pour le festin
    Nous faisaient regretter d'avoir repris la piste

    Au retour cauchemars et bien pires pulsions
    Bien calmées en fuyant, une dose d'absinthe
    La cuillère finir pour bien calmer la plainte
    La nuit se relever tout en transpiration

    Descendre aux enfers, imaginer l'argile
    A la mort demander preste consolation
    Les souvenirs refluent, avec leurs émotions
    A l'appel du néant s'imaginer docile

    Les défis permanents, ne pas les relever
    A ses idées d'enfance savoir rester fidèle
    La vie tout du long au malheur nous appelle
    Comme à une bataille l'existence défier !

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