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Je revois bien tous ces visages
Ici présents, déjà partis
Et tous ces mots que l'on se dit
Qui ne sont pas mauvais présages
J'entends encore ces belles phrases
Enoncées toujours à propos
Ne bois pas trop et rentre tôt
Ces mots d'amour avec emphase
Sentir encore ces odeurs
Celles qui nous ouvrent le cœur
Le vent si frais de nos malheurs
Ne pas renier ces douces heures
Et tous ces modestes plaisirs
Jamais assez récompensés
Tous les jours revivifiés
En harmonie de nos désirs
De tout temps et même plus loin
J'ai vu cette triste aventure
Entre nous enfoncer un coin
De tout cela n'en avoir cure
Puis tous les jours recommencer
La vie en bulle de savon
Et la lumière des lampions
Écouter la sonate en ré
L'envie d'alcool la transformer
En un bien meilleur carburant
Et même pour le jour de l'an
La poésie lui préférer
Guetter le tournant de la vie
Celui qui nous rendra meilleur
Et dans la nuit rester veilleur
Bien à l'écoute des envies
Vers la rade de Saint-Malo
Partir sans fin et sans espoir
Et le matin se lever tôt
Toujours ce goût du roman noir
Ces yeux d'un bleu tout délavé
Ces rides et ce front plissé
Un visage à la Jean Gabin
Qui peut nous donner du soutien
Amour bourru des temps anciens
Des sentiments qui sonnent bien
Ne pas chercher le compliment
Je suis sur qu'il m'aimait vraiment
À ses côtés toujours sans bruit
Douce présence quand il faut
L'amour jamais ne fit défaut
Et leur absence tant me nuit
Faites que jamais ne revienne
Le vent si froid de cette enfance
Ces durs voyages en errance
Il n'est pas sur que j'y parvienne.
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