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D'où me vient ce matin ce frisson d'anxiété
Ce grelot au plexus à peine réveillée
Les yeux clos, souffle court, le plafond contempler
De nouveau sans répit le pire imaginer
Comme parfois la vie passe sans prévenir
En un éclair de l'acceptable tout au pire
Je demeure à l'affût de ses moindres pulsions
Du mauvais sort nier les brutales façons
Le deuil de Sophie m'a laissée pantoise
La faucheuse acquitter d'une trop chère ardoise
Ma si belle marraine a tant de mois souffert
La délivrance fut un cadeau bien offert
La force du destin invitée au festin
Arracher cette vie tel un grand requin
Sans vergogne laisser la force de pleurer
Le reste de mon âge il me faut traverser
Craindre encore la fuite de nos beaux aïeuls
Yeux blêmes et fuyants devant tant de cercueils
Toujours scruter l'instant pour bien rester vivant
Se détacher du spectre emportant ces gisants
Comme ces chers fantômes à peine linceulés
Nous laissent ici-bas tellement esseulés
La vie reste toujours malgré cette souffrance
De devoir partager d'aussi nombreuses absences
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