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D'où me vient ce matin cette tristesse hivernale
Ce sentiment de vide, un goût de déjà vu
Tuer l'hydre de Lerne et se sentir moins nu
Vaincre la dépression, ma compagne infernale
Elle arrive de loin avec sa tenue sale
De dépouilles elle se pare, et tous ceux qui ont cru
À leur bonheur posthume, une fois disparus
Vivent bien malgré eux, inquiétant fanal
Courir les médecins, en triste fantassin
Une bien terne vie, née d'un malheur ancien
Le gris pour horizon, le plomb pour sensation
Comprenez-nous enfin, vous tous les gens heureux
C'est une grave affection, ne savoir être vieux
Et dans la mort plonger avec résignation
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