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J'ai mal supporté l'ennui
Et la nuit
Trop me faut ce doux ravissement
Ce bruissement du temps
Qui passe, et emplit nos vies
De lumineuses rencontres.
A ce monde perdu, je réponds par une kyrielle
De beautés - sans renier
Les précédentes explosions de plaisir
De te voir dans toute la gamme
Des émotions, des passions !
Enfin te revoir, jusque tard
Ce soir
Mon âme est restée cachée, pleureuse, pleutre
Et ce matin tu ris - nous sommes heureux
Mystiques retrouvailles, mystérieuses avancées
Que le bon temps nous fait
Au départ de l'été.
Séjour à Venise, vapporetto, frissons de l'art
Qui nous rend plus sûrement fous que les vapeurs
D'absinthe
Qui nous renvoie pleins d'abnégation
Qui nous rend foi en la création
La création de l'Homme !
Convoquez Giorgione, pourquoi pas
Appelez-les à la rescousse
Tous ces coloristes de l'école
Du peintre céleste, sublime avec son
Sfumato
Léonard !
Il nous faudra le temps, le vent
Pour permettre la reprise du cours de la vie
De la Vie !
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