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Depuis toujours j'ai adoré ce vert gazon
Si dru poussé, si odorant, invitation
Aux marguerites, aux pissenlits et aux chardons
Tapis de fleurs, tapi dans l'ombre du Ventron
Dessus posé comme un salon de vieux rotin
Fauteuils profonds, chaises grinçantes et vains potins
Tables basses, planches bancales pour les vins
De belles tranches et beaux fromages avec les pains
Vieux parasol mal nous protège de l'orage
Aux gouttelettes de rosée il fait barrage
Laisse cachée l'intimité de ton corsage
Tu sais ici le vent de l'Est n'est pas très sage
Toujours revient la promenade du matin
Et ma mère qui me disait "c'est pour ton bien"
La détromper d'un air fâché n'y changeait rien
Le souvenir de son amour nous fait du bien
Nénuphars roses et goût des choses, la nature
Nous remercie de nos venues aussi pures
Porteurs de tous ces souvenirs, et sans armure
Ces émotions, souvent, des larmes nous valurent
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