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Dans les célébrités, parmi les vingt premiers
Derrière Copernic, et avant Constantin
Bizarrement on trouve Antoine Lavoisier
Dont, mis à part le nom, on ne sait presque rien
Aussi, mes chers lecteurs, permettez que je vienne
Rafraîchir d'encre bleue vos rétives mémoires
Aux seconds coutelas des études anciennes
Mais dont l'intelligence a traversé l'histoire
Antoine naît en mil sept cent quarante-trois
A Paris, dans une famille cultivée
Son père, au parlement, est procureur du roi
Où le dit roi Louis XV est encor bien-aimé
L'enfant perd sa maman à trois ans puis, à douze
Au collège, il apprend littérature et sciences
A dix-huit ans, pour la robe, il troque sa blouse
Pour, comme son papa, légiférer la France
Car au fond de lui-même Antoine est éclectique
Il est passionné de météorologie
Il aime la chimie, apprend la botanique
La géologie et un peu l'anatomie
Antoine, à vingt-deux ans, décroche sa licence
Et il est reçu au parlement de Paris
Mais c'est, finalement, l'Académie des sciences
Qui, gentiment, lui ouvre une porte... à-demi
Peu-après, il épouse Anne Marie Pierrette
La fille du fermier général, son patron
Lors, le jeune savant, fort à l'abri des dettes
Dans ce nouveau décor peut exercer ses dons
Bien que titulaire à l'Académie des sciences
Parallèlement il collecte les impôts
Et, sur la combustion, en recherche, il se lance
Puis sur l'oxydation, il publie un propos
Antoine, à quarante ans, découvre l'hydrogène
Il collabore avec Pilâtre de Rosier
Et jusqu'à ce que la Révolution survienne
Étudie la chimie et en fait un traité
Quand la Bastille est prise, Antoine et quelques-uns
Créent pour notre bonheur le système métrique
Mais quand vient la Terreur, notre académicien
Est arrêté comme traitre à la République
Pour avoir spéculé, à tort ou à raison
Contre les intérêts des pauvres citoyens
En ayant déclenché une dévaluation
Avec des assignats qui ne valent plus rien
On le condamne à mort comme un vulgaire escroc
Lui, des Montgolfier, le glorieux émule
Lui, qui pour la patrie dédia ses travaux
Lui, qui aux quatre-vents jeta sa particule
Il meurt à cinquante ans, tristement, pour la France
On ne l’oubliera pas, car aujourd’hui il est
Un des soixante-douze illustres puits de science
Qui, sur la tour Eiffel, à son nom de gravé
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