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Aurai-je du succès, en guise de préface
Pour ce modeste écrit , quand ton cœur l'aura lu
L'éloge anticipé pour moi serait mal vu
Peut-être ton esprit gardera-t-il la trace
De cette muse enfant étrange de torpeur
Se fanant tristement quand le spleen la déterre
A moins que mes vers soient, si pauvre en caractère
Qu'au miroir de l'étang ils paraissent trompeur
Les élans trop poussés font l'effet d'une flamme
Au souffle rougeoyant pour s'éteindre sitôt
Pareil au champ de blés que l'obscurité clôt
Pourtant mon seul souhait n'est pas l'épithalame
Sans comprendre pourquoi, ni trop savoir comment
Je rêve quand le soir, d'or flambant m'éclabousse
Tandis que l'air s'emplit d'une tristesse douce
Et de mélancolie au caprice indulgent
Quand mon regard s'enfuit vers la nef émeraude
Je sens renaitre l'onde au bruit doux du ruisseau
Tant me plait cet instant de paisible fardeau
Quand cet enchantement en douceur se ravaude
J'aime la léthargie éveillant le vertige
Où souvent la douleur vient planter l'aiguillon
En tramant le tissu d'intense communion
Quand meurt le frisson d'or vers l'antique vestige
Qui fut jadis palais, de lys et de saphir
Atlantide des cieux parmi les hirondelles
Beaux bouquets empourprés aux fenêtres nouvelles
Quand l'enfance au jardin propageait le plaisir
La plume entre mes doigts sur le vélin dépose
Le trait mystérieux, ruisselant de soleil
S'argentant tour à tour pour fleurir mon sommeil
Et mon bel encrier dont l'âme est une rose
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