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L'automne en mûrissant emplit les prés de brume
Les arbres couverts d'ambre embrasent l'horizon
Troublant si fort mon cœur qu'il encre d'or, ma plume
La langueur d'octobre ajoute son frisson
Moi qui voulais chanter, les taillis en dentelle
Cueillir les derniers lys, au lit même des bois
Comme chante l'oiseau et d'une main fidèle
Evoquer la douceur que ma lyre autrefois
Versait sur le vélin, par ombres pastorales
Quand l'aurore rieuse arrosait ma raison
Sous le duvet léger des muses vespérales
Tandis que dans mon cœur fleurissait la moisson
Quand j'écoutais monter vers la voûte verdie
La musique du vent si douce à recevoir
Quand pénétrait en moi cette sainte harmonie
En faisant aussitôt du ciel un encensoir
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