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Houdini pourrait-il rentrer dans un poème
Organiser nos vers, à sa façon à lui ?
Un magicien peut-il modifier, sans problème
Des mots, qui par notre encre, ont la page, noircie ?
Irrespectueusement, ici je le provoque
Négligeant sa magie, j'écris de-ci de-là
Ignorant son pouvoir, de ses dons, je me moque
En espérant le voir surgir de l'au-delà
"Si tu m'entends, Harry, d'un trait, fais-moi un signe"
"Toi qui n'a peur de rien, un, deux, trois, es-tu chiche ?"
La réponse du maître a fait bouger les lignes
Avec ce merveilleux et troublant acrostiche
Après l'interminable et curieux préambule
Je vais vous raconter l'histoire de la vie
De cet illusionniste, avec « I » majuscule
Né, il y a un siècle et demi, en Hongrie
A quatre ans, sa famille émigre aux U.S.A
Là-bas Harry s'adonne aux sports les plus divers
Il est coureur de cross, trapéziste et parfois
Il fait de la magie, avec son jeune frère
Ainsi, grâce à son corps, à l'effort, préparé
Il peut exécuter les tours les plus risqués
Bander ses muscles pour se décadenasser
Ou longtemps demeurer dans l'eau sans respirer
Bientôt le duo devient un trio, grâce à Bess
Amoureuse transie qu'il épouse à vingt ans
Plus s'écoule le temps, plus l'illusion progresse
Jusqu'à escamoter, un jour, un éléphant
Bien qu’homme de terrain, Harry n’en est pas moins
Un homme qui écrit, sans être homme de lettres
Tel son livre assassin sur l’autre magicien
Le grand Robert Houdin qui l’avait fait connaître
Quand en mil neuf cent douze, on sent venir la guerre
Harry est en Europe et aussi en Russie
C'est la consécration, mais aussi, par derrière
On dit qu'il espionnait pour les États-Unis
Avec sir Conan Doyle, il est presque un intime
Tous les deux sont médiums à leurs heures perdues
Mais si le lord anglais, dans la lubie, s'abîme
L'américain poursuit sa mère disparue
A partir de mil neuf cent vingt, au cinéma
Dans trois ou quatre films, on le voit apparaître
Oui, mais la pellicule, il n'est pas fait pour ça
L'illusion sur scène est sa seule raison d'être
Et lorsque l'illusion à transcendé la salle
Harry à la manie de se faire frapper
D’un coup de poing dans sa ceinture abdominale
Histoire de montrer ses beaux muscles d’acier
Or le vingt-deux octobre, en mil neuf cent vingt-six
Un étudiant lui donne un coup dans l’abdomen
Le maître chancelant, il lui en donne dix
Ce qui, huit jours plus tard, à la tombe l’entraîne
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