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Ce qui me manque à présent
Je vais vous le dire
C’est le petit matin lorsqu’il mange la nuit
Les envols d’oiseaux noirs dans un firmament blanc
Et voir l’azur qui tremble à devenir le jour
Ce qui me manque
C’est la main posée du vent
Sur les branches d’automne
Ou le soleil citronné des sourires d’hiver
Ce qui me manque
C’est la langue de la vague qui se colle au rocher
Et le cliquetis fou des haubans
Quand est basse la marée
Que l’heure est indécise et puis l’alcool amer
Ce qui me manque
C’est l’odeur de chair chaude
De celle qu’on aimait dans la percale du matin
Et la mangue mûre de ses seins sous la dent
Ce qui me manque
C’est de saigner d’amour
En ayant sangloté de désir
Quand les barbelés de l’espoir
Contenaient le chagrin
Ce qui me manque
C’est la voix des amis qui sont désamifiés
La framboise sure de certains vins du sud
Le pas pressé des femmes sur les trottoirs la nuit
Et dans les yeux brûlants des phares de voiture
Voir ouverte la route
Comme vers l’infini
8 janvier 2016
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