|
Des mains si douces et un parfum si frais, Elise
Elle est penchée sur moi et souffle alors la brise
De l'onguent qui permet d'oublier la douleur
Et qui plonge mon âme en un flot de torpeur
Sa voix chaude me redonne la vie, Annie
Me parle doucement, me redonne l'envie
De vivre encore un peu au rythme des matins
Qui scandent mon sommeil et mon triste destin
Elle parle tant et si bien des enfants, Marie
De sa fille jolie elle dit la facétie
Je l'entends moi aussi comme un joli récit
Qui porte par delà la fureur et le bruit
Encore Melissa et son haleine pure
J'aimais aussi Martine et sa ronde figure
Toutes ces femmes belles et qui m'ont tant soigné
Ces longs jours de janvier où la mort m'a frôlé
Je reviens dans ces lieux, vieillard encore ingambe
Un homme rescapé dans sa mise pimpante
Leur sourire attentif qui ne m'a plus quitté
Comme dans ma détresse un peu d'humanité !
|