POEVIE.NET

 

Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Drame dans le soir

le mardi 12 janvier 2016, à 08:36. Posté par René


    Le ciel pleurait à chaudes larmes. Dans l'air couvait un drame. Ah ! ce pressentiment. Le soir tomba sur le pavé glissant (*)

    Il a du se faire mal, car il finit par s'évanouir. La nuit s'en vint alors, ivre de vin et de chagrin, noire de désespoir. Elle portait déjà le deuil. De qui ? Du soir ou de mes illusions ?

    Le jour fuyait comme un grand lâche qu'il est. Depuis qu'il a divorcé d'avec la nuit, il ne veut plus voir son ex-femme.

    Il faut dire que leur désunion est célèbre tant ils sont dissemblables. Dissemblables ?.. Que dis-je : opposés, contradictoires, incompatibles ! Et pourtant étrangement pareils jusqu'en leurs différences.

    Et pris entre ces deux irascibles alcoolisés, la mère, noircie d'entrée et le père déjà gris, il y avait là, gisant, mourant, leur enfant, le crépuscule.

    Mais comment voulez-vous qu'il puisse vivre, pauvre enfant mort presque aussitôt né, condamné dès sa naissance ?

    Le père avait disparu, sans même un regard pour son petit dernier. La mère, elle, maintenant complètement noire, avait déjà oublié. Et l'enfant sur les pavés et les étoiles qu'elle devait allumer.

    J'aurais dû, moi, faire quelque chose. Mais quoi ? Comment ? Avec quels moyens ? Où le conduire ? Que lui donner ? Quel remède? Quelle médication ? Quel geste accomplir? Et à qui le confier ? Notre mère nourricière, la Terre, a déjà tant souffert, a déjà tant à faire, qu'elle ne peut plus suffire et est toute épuisée. Nous autres les humains lui causant tant de peines, lui portant tant de coups, lui faisant tant de maux qui la mettent à mal et causent à petits feux les effets qu'elle subit. Et qui la font mourir de nous avoir fait naître.

    J'ai cependant essayé de soulever l'enfant mort. Avec un tel effort que je me suis fais mal. Depuis ce temps je marche tout courbé ; je vais le dos baissé comme si mes reins portaient le poids de la fatalité. Ce qui n'arrange pas mon coeur. Ni occulte ma mémoire. Car chaque pas que je fais s'accompagne d'un soupir qui ravive mon souvenir.

    Pourtant comme on le dit souvent, et souvent justement :"A quelque chose malheur est bon !" Depuis ce temps, je suis guéri de m'occuper des autres.

    Moralité: "Quand le soir tombe, n'essayez pas de le ramasser".



    (*) Je sais ce n'est pas de moi. mais l'occasion et l'image étaient trop belles pour ne pas les utiliser

<< Retour aux poèmes

 

Donner une note à ce poème ... (Note actuelle : Pas de note)
Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour donner une note à un poème.

 

commentaires ( 3 ) (Ajouter un commentaire)
Marie-Anne Keppers le mardi 12 janvier 2016, à 10:07
René bonjour, Magnifique, mais de qui est-ce si ce n'est de toi ? L'ivresse engendre l'ivresse et ses non prouesses. Relevé le défi de redresser le fils du tord, tue forcément, il ne pourra que suivre le mal-être de ses parents. A moins que seul, il puisse combattre les démons de la nuit et grandir sauvé de ses mérites. Non ne croyez pas que les parents soient faits à l'image de Dieu, choisissaient enfants de le découvrir de par vous même.. Bisous d'amitié Marie-Anne
http://www.mespoemes.net/mayannemak/

lilo le mardi 12 janvier 2016, à 21:00
C'est beau un soir qui tombe, même si ça fait mal à certain lol, beaucoup de plaisir à te lire, merci pour ce moment agréable !
Amitiés.

rivaudais le mercredi 13 janvier 2016, à 16:42
Ce qui n'est pas de moi c'est cette image:"Le soir tomba sur le pavé glissant" Je ne sais plus quel humoriste en est l'auteur. Tout le reste est de ma composition, autant que je sache. Merci à vous deux de vos commentaires aussi indulgents que pertinents.

Ajouter un commentaire à ce poème en tant que :

Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour poster un commentaire.

 

 

Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Hébergé gracieusement par MesPoemes.net - Créer un site internet