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Comme je l'imagine encore ce matin
Ce marcheur pétrifié, sa face déformée
De spasmes immobiles, sa triste destinée
De trouver de nouveau son sommeil et son pain
Vie incertaine pleine de monotonie
Toujours recommencer pour pouvoir subsister
L'attention des passants ne se peut convoquer
Tout blasés qu'ils étaient, singulière atonie !
Et puis Montélimar visitée par hasard
Son marché aux nougats, et la vie se colore
Un baton de sucre rend la vie indolore
Puis il est renvoyé à son morne cafard
Rouen, son foyer, ses rues larges et froides
Ses soupes populaires aux accents de misère
Ce triste cuisinier qui n'est pas si disert
Ce mauvais alcool blanc, de nombreuses rasades
Troyes, vrai retour à la vie de jadis
Maisons à colombage et prison délabrée
Qui ne peut me blesser, fuite désespérée
Cette vie est pour moi d'une grande avarice
Enfin Paris, comme un sommet du vrai malheur
Toujours si seul, mais si nombreux, et grande peine
De se mouvoir dans cette foule surhumaine
Ici survivre, mais au prix d'un dur labeur !
Vie de chien, peu enviable, aucune joie
A l'asile des fous je préfère rentrer
Au moins quelque quidam viendra me visiter
J'y suis bien à l'abri, ce monde me rudoie !
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