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Sentinelle d'ébène aux portes du chaos
Casque bleu et peau noire, il porte sa pétoire
Avec froideur et calme, un air si péremptoire
Et forme avec son frère bien ténébreux duo
Je les connais trop bien tous ces vils mercenaires
Ces chiens fous de la guerre en leur triste besogne
Vendant aux plus offrant la terreur de leur trogne
Point de pitié chez eux, ils ont tué leurs pères !
Longs défilés de femmes et leurs maigres enfants
Arracher sa survie, une si longue marche
Des vainqueurs méprisants, bien passer sous leur arche
Redouter tant la peur des nouveaux lieutenants
Ces luttes intestines comme un funeste rite
Leur dignité perdue, et tout recommencer
S'établir en un camp à l'est du comté
Oublier même en rêve un espoir domestique
Une échoppe un étal elle en a tant rêvé
Un commerce établi, sortir de la misère
À tout prix essayer, vivre mieux que ma mère
La violence des hommes a tout bouleversé
Campée dans le blanc désespérant des tentes
Et son air résigné, déni d'humanité
Une once de courage elle peut nous donner
Nous sommes désarmés, elle est toujours vivante !
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