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Toi aussi tu reviens en ces lieux incertains
Tu ne crains pas l'oubli et tu restes serein
De tes aïeux glacés dessus la cheminée
Ne reste qu'une tombe à la plaque brisée
Ce petit cimetière englouti par le vent
Abrité par l'église en un tableau touchant
Il garde nos grands pères, et tous les Amédée
Vital, Paul, Zéphyrin, période oubliée
Tous ces prénoms couchés sur de vils monuments
Qui nous permettent bien de passer ces moments
A nous souvenir d'eux et de leur destinée
Fugace et douloureuse, et aussi massacrée
Il était jeune et beau, comment imaginer
Refaire ce parcours plein de vitalité
Vital si élégant quand il allait en ville
Avec de jeunes filles, et son regard pétille
Leur contant l'avenir qu'il espérait radieux
Des projets pleins d'amour et de rires joyeux
Zéphyrin si affable avec toutes les femmes
Si enclin et si prompt à déclarer sa flamme
Paul si grand travailleur en ses champs le meilleur
Labourés avec soin, ses talents d'orpailleur
Amédée cuisinier et toujours en goguette
Le présent l'épuiser dans un esprit de fête
Nos ancêtres si jeunes et encore bien vivants
Qui pourraient à présent devenir nos enfants
Je les revois encore en leur folle jeunesse
J'ai pour eux compassion et beaucoup de tendresse
Comment les honorer, comment les décorer
Une douce affection encore leur témoigner
Je pose un bouquet rouge sur toute la grisaille
La touche de couleur sur la pierre tombale.
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