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Pour qui chanterais-je si tu n'entends mon cri,
Pour quelle étrange larme ou curieuse lumière,
Si ton cœur ne sait plus comprendre la prière
Qui glisse sur ta peau et pleure cet écrit ?
Je sais tant de frissons au creux de l'invisible,
Tant de parfums subtils qui serviront l'abstrait.
Mais encore faut-il en deviner l'attrait
Dans l'abandon serein à mon songe indicible.
Laisse-moi te bercer au chaud de mes bras lourds
D'avoir porté mon âme où le soleil se lève
Et d'y avoir puisé la force d'une sève
Gorgée de tant de vie au gré de ses amours.
Il n'est pas de réponse aux sinueux méandres
Mais peu importe en fait, les raisons ou l'enjeu,
Ce que je laisse ici ne respecte aucun jeu,
Parti à peine né, comme gerbe de cendres.
Car si je reste là aux mots d'un manuscrit ,
C'est qu'ils me portent tous vers la source essentielle
Du partage et du temps à l'heure existentielle.
Pour qui chanterais-je si tu n'entends mon cri ?
22 Janvier 2016
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