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Face au jardin d’hiver, trois commères,
Reliques des beautés du passé,
Souffrent les morsures victimaires
Des bises d’un Eole glacé.
Elles ont dans les yeux des nuages
Gris, chargés d’indicibles chagrins,
Leurs dos se couvrent de tatouages
Oxydés, jusques aux creux des reins.
La plus belle des trois est Thalie,
Qui, de Zeus, fit la grande fierté,
La grâce au charme, en elle, s’allie
Et son cœur abonde en charité.
Euphrosyne, elle, incarnait la joie.
Mais elle a connu bien des malheurs !
Depuis que du sort elle est la proie,
Cette belle enfant n’est plus que pleurs :
Le corbeau n’est certes pas esthète
(Et beaucoup moins futé qu’un renard !)
L’un d’eux vint déféquer sur sa tête,
Fort insoucieux des œuvres d’art.
Aglaé regrette sa jeunesse,
Lorsque la célébrait le dieu Pan ;
A présent, elle a sur une fesse
Les barbouillages d’un chenapan.
Il n’est guère de scène plus laide
Que ces bronzes mouillés, et pourtant
Un adolescent, graine d’aède,
D’une stance commise est content.
Goutte après goutte, un air de pluie
Tombe en aria sur le carreau,
Et le pampre vert, alourdi, s’ennuie
Aux pauvres vers du poétereau.
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