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La ville je quittais au pas de gymnastique
J'ouvrais grand le compas suite à un balthazar
(Langoustes, perdrix, cerf, desserts, salmanazar...)
La marche encourageant l'exploit pancréatique.
La terre faisait la roue en dessous des cieux
J'étais plein jusqu'à là troisième capucine
Et dus me pincer en criant « dieu j'hallucine ! »
Tant je ne crus pas en ce que dirent mes yeux.
Un tilbury freinait transportant deux poulets !
(Comment diable peut-on encore à notre époque
Rouler dans cet engin pour le moins équivoque ?)
Puis, dit : « Où sommes-t-on ? » l'un des gallinacés !
L'énigme, acquiescez, pouvait laisser pantois.
_« Vous êtes culotté (pourtant je lui rétorque)
Qui plus est de façon que l'on dira baroque !
Question vous posez en curieux françois !
Aussi permettez moi de vous la retourner ! »
Il rougit comme un fruit au bout d'un pédoncule
Son ami, quant à lui, suce- fleur ridicule,
De pouffer dans ses doigts ne pouvait s'arrêter.
Puis il me dit enfin : _« Grand père ce vieillard
Aussi vert, malgré tout, qu'une jeune cerise
Nous a pourtant, matin, cueillis non sans surprise
Et ce en décollant l'autre soir son billard.
C'est notre cher cousin (grand pousseur de gaîté)
Qui nous a prévenus (par l'habile principe
Du dénommé Bourseul) du cassage de pipe
Et de la crémation selon sa volonté.
Nous devons donc nous rendre à son embrasement.
Je crains que nos chevaux (dont nous ne sommes maîtres),
Nous aient fait dévier de plusieurs kilomètres
Nous avons donc pensé: consultons ce charmant ! »
_« Mais, avez vous la feuille aussi dure qu'écorce ?
Je vous dit gentiment que je ne peux depuis
Votre arrivée en trombe estimer où je suis !
Faudrait-il, macarèl, que je le dise en morse ?! »
_ «Sont-ce nos vêtements qui vous posent problème ?
Le testament du vieux, féru de carnaval,
Exigeait un cortège à l'air médiéval !
On ne recule pas, nous autres, quand on aime ! »
_ « Merci, pas de détail ! Où voulez vous aller ? »
_ « Dans un bled situé pas loin d'une montagne... »
_ « Faîtes moi de la place entre votre compagne
Je me ferai la joie ainsi de vous guider ! »
Le voyage fut long et plusieurs fois je dus
Prier pour qu'on stoppa pour compter mes chemises
(Ces charrettes devraient ne pas être permises !)
Mais malgré les tourments nous finîmes rendus.
Le village était là baignant dans le soleil
Des piments rouges sang séchaient à ses façades
Bras dessus bras dessous avec mes camarades
Nous cherchions à présent la demeure du vieil.
Il y avait au moins quinze-cents pèlerins
Dans leurs petits polains et leurs cottes de mailles
Me déguiser comme eux occupa mes volailles...
Nous partîmes dansant, cognant des tambourins !
La dépouille emmenait tout ce joyeux bordel
La scène évoluait vers le tragi-comique
Jusqu'au bûcher, dressé sur la place publique,
Qui pour l'occasion servait de maître-autel.
La doyenne approcha, se saisit d'un flambeau
Que lui tendait un homme avec des yeux horribles
On ne voyait déjà plus que flammes terribles.
Dans le ciel croassait même pas un corbeau...
Que le diable me crame à l'instant si je mens
Chantaient, dansaient, les gens, tout n'était qu'allégresse
Au mannesingue qui, sentant montait l'ivresse,
Se présentait, j'offris dix pièces de cinq cents :
_ « Porte nous donc à boire et de ton meilleur vin ! »
Les lieux furent bientôt recouverts de barriques !
J'arrosais trois cuistots aux talents héroïques
Trois astres chacun d'eux au guide Michelin !
Des hommes en treillis sortaient de tous les bois
Apportant sous leurs bras toutes sortes de bêtes
Qu'on fit rôtir au mort ou du moins à ses restes
Mais n'est ce pas toujours ainsi chez les gaulois ?
Rares sont les moments mettant les cœurs au chaud
Dans cette vie avare ou l'on n'accorde guère
(A l'aube de l'ultime) amour même à son frère.
Un bras il m'en coûta, franchement peu m'en chaut !
La ville je quittais au pas de gymnastique
La marche encourageant l'exploit pancréatique...(etc)

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