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Maintenant ils sont là, cette mélancolie
Qui toujours nous saisit en entendant les noms
De tous ces pauvres gens, nos tristes compagnons
D'infortune tragique en quête de patrie.
Des parents oubliés, enfants terrorisés
De la main il retient la dernière poupée
Et toujours sur leurs têtes ils redoutent l'épée
La menace arbitraire de ces hommes glacés
Ils ont vécu le temps des bagnes de Cayenne.
Enfin nous les voyons descendre parmi nous
Ils ont tant fui la boue et essuyé de coups
Leurs larmes salées racontent bien la peine
De la vie de si peu qu'ils n'ont pas mérité.
Ils fuiront à jamais ces montagnes pelées
La folie des hommes, ou bien leurs destinées
Les voici juste là où leurs pas sont comptés
Je les imagine, tous ces chérubins nus
Leurs marches de la peur parmi nos déshonneurs
Futiles ou vains discours en place de nos cœurs
Et ils sont les jouets de ces vieux rois déchus.
Nous les voyons venir avec leurs insomnies
Les nuits fraîches au dehors sur la berge du port
A l'assaut de ces trains il faut partir encor
Et toujours s'humilier des menaces subies.
Il se voit bien en rêve enjamber cette mer
En travailleur de nuit il saura bien se taire
Il se fondra dans l'air pour tant savoir leur plaire
En pensant en eux tous, tu te ressens amer.
Et tu t'aimerais là, enfant de nulle part
Du bonheur tu voudrais pouvoir prendre ta part.
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