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J'ai si longtemps vécu à l'Est de la ronde
Terre qui m'accueillait, ma mère nourricière
La canopée de neige et la blanche bruyère
Les fleuves si gelés, et dont on attend l'onde
Bien plus tard j'ai voulu connaître la faconde
De ces humains du Sud, et leur belle lumière
Des santons odorants la belle costumière
J'aimerais embrasser toute la mappemonde
Des déserts infinis la folle canicule
Du givre les sculptures en forme de spicule
Des forêts d'Orient les singes à poil bleu
Pour ne rien regretter je voudrais tout connaître
Dans chaque continent je pourrais y renaître
Éternel voyageur, je vous en fait l'aveu.
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