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Si "De France" est son nom, Philippe, son prénom
Auguste, son surnom, selon vous, il vient d'où ?
Non, pas d'un empereur, encor moins d'un bouffon
Mais tout simplement c’est qu'il est né au mois d'août
D'où son identité, complète et officielle
Philippe II de France, alias Philippe-Auguste
Fils de Louis VII le jeune et de la jeune Adèle
Grand-père de Saint-Louis, le roi sévère et juste
Juste pour ses quinze ans, il coiffe la couronne
Car son père, malade, désire un successeur
Il le marie avec une ch'tite Wallonne
Et le devoir rempli, le vieux roi Louis se meurt
Mais sa charmante épouse, issue de vieille école
Tardant à lui donner un héritier royal
Il s'en faut d'une ultime et chaude cabriole
Pour qu'enfin vienne au monde un petit enfant mâle
C'est malheureusement une bien courte trêve
Car la reine décède et doit rendre sa bague
Une Danoise en rut vient prendre la relève
Mais fort désabusée retourne à Copenhague
Durant tout ce temps là, Henri II d'Angleterre
Harcèle les Français, mais Philippe s'allie
A Richard Cœur de Lion, ainsi qu’à Jean sans Terre
Les propres enfants de son royal ennemi
Au milieu de l'été mil cent quatre-vingt-dix
Avec Richard il part en croisade un matin
Quand, après quelques mois, le roi, non sans malice
Rentre en France laissant l'Anglais aux Sarrasins
Sans déclarer la guerre, il reconquiert des villes
Sous les yeux impuissants des Anglais aux abois
Car l’ami Jean sans Terre et les barons serviles
Sont bien trop occupés avec Robin des Bois
Furieux le roi Richard, revenu des croisades
Met de l'ordre au pays puis franchit le Channel
Lorsque, atteint en plein cœur par une arquebusade
Il trouve en Limousin le repos éternel
Dame Agnès, la nouvelle épouse de Philippe
Meurt peu de temps après, et en célibataire
Le bon roi très chrétien quelque peu s'émancipe
En fleuretant un peu trop au goût du Saint-Père
Ce pape autoritaire oblige le monarque
A reprendre sa femme autrefois répudiée
Il la fait revenir du bout du Danemark
Pour la faire croupir au fond d'un prieuré
Puis, vaillant, il repart bouter l'Anglais "at home"
Car ce pays détient Guyenne et Normandie
Tout ça parce qu'un jour Aliénor et Guillaume
Sont allés faire souche en pays ennemi
Le souverain touché par la grâce divine
Reprend ces deux duchés à la perfide Albion
Lors, dix-mille Saxons l’attendent à Bouvines
Mais se font dévorer par un millier de lions
Tandis que son fils Louis combat les hérétiques
Du côté de Toulouse, avec les De Montfort
Après avoir conquis le trône Britannique
Philippe règne enfin sur tous les châteaux-forts
Mais il donne bientôt des signes de fatigue
À quarante-neuf ans, par une maladie
Le Créateur rappelle à lui le roi prodigue
Peut-être pour régner sur notre paradis
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