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De l'Abyssal, nul ne revient.....
…..De l'Abyssal, nul ne s'excepte et nul ne se détache, nul ne revient si ce n'est Ebloui, rompu, honteux, voûté. De l'Abyssal démesuré, hors Raison, hors Parole, L'Informe, le Chaos. Effroi de Surpuissance, de Matière inscrutable, de Vacuité Noire, surabondante. Epouvante des Chairs, Bouche de Cris et Regard Foudroyant De Méduse. De l'Abyssal qui toujours nous précède, nous traverse et nous porte à notre Être. Puissance inengendrée, incessante Gésine de Corps qui les reprend en d'Incessantes Morts. Origines scellées et Naissances obscures ! De l'Autre et de L'Absence nous ont déjà saisis, dans le Réel et le Fantasme, nous ont déjà ouverts en Béance absolue et limités dans le Maintien d'étranges Formes, dans L'Evanouissement. De l'Abyssal, nul ne s'arrache, du Tréfonds infondé et tragique. Et Nul ne sera quitte. Illusoires Images ! Fantasmes dérisoires ! C'est au Tréfonds Qu'appartient aussi le Divin ! De l'Abyssal nul ne revient !
De l'Abyssal, rien ne s'excepte:je songe à la Merveille-même, au Ruissellement de Lumière dans le Matin limpide, apollinien, aux Courbes aimantes des Collines, à la Douceur de l'Ombre sous les arbres, aux prairies tendres du Printemps, je songe à la Merveille des Saisons et aux Amants qu'enlace la Tiédeur de leur Corps, à la Reconnaissance qui comble leurs Regards dans le Temps du Désir, je songe à la Bonté, à l'Innocence illuminant certains Visages de leur Humilité, je songe aux Amis Inconnus, à leur Présence insolite et fidèle, je songe à l'étrange Vérité des Oeuvres D'Art qui nous révèlent étranges à nous-mêmes, Guetteurs, Veilleurs de Choses et D'Espace, Sentinelles de Visages et de Formes, enveloppés de Présabsence entre le Libre et le Contraint, sondant les Fonds obscurs dont nous venons, où nous Reconduira la Loi de Forme évanescente à sa Matière informe reconduite. Ô Fugitifs, Exilés de la Terre sur la Terre ! De l'Abyssal, rien ne s'excepte !.....
L'Indéchiffrable et le Scellé saisiront et cloront, infinitiseront tout Livre, toute Paroi, Toute Parole et tout Agir. Rien d'étant n'étanchera nos Soifs, Rien d'étant ne comblera Nos Faims, ni le Suprême ni l'Infime, ni les Consolations. L'Illimité et la Limite nous Dénieront l'Approche, le Voir et le Savoir du Tréfonds infondé et tragique. Toujours L'Oeuvre se brûlera aux brasiers des Lointains et la Parole se mourra aux Récifs du Réel, à la Butée du Rien. Un Soleil cosmologique déverse sa Lumière abyssale à Foison sur le Profane, sur les Mortels et sur les Temples et sur les Oeuvres difficiles à Entendre. Mondes à profusion et pourtant Seuls au Monde ! Ô Nature inlassable et Fermée ! Quelle Sérénité nous faudrait-il rejoindre qui laisserait fleurir la Rose Insigne du Souverain Bien si l'Abyssal tient et maintient, si l'Inscrutable est la Matière dont nous sommes tissés et dont les Mondes sont cousus ?.....
Hors Raison, hors Parole sensée, un Combat d'Existence se livre à notre Insu dans le Tréfonds de chacune des Vies, un Inconscient premier s'enfonce et se soulève Incessamment, à chaque Inspiration, à chaque Expiration ! Que soient dites pourtant Aux Nasses de toutes Langues, les Paroles alternées, Légendes d'Origine solaires et Nocturnes, Poésies historiées du Tréfonds infondé, dans la Liturgie des Epoques !......
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