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Et dans les champs fardés d'une couche de givre
La rivière sautille, elle est encore libre
Et dévale à l'envi la pente dangereuse
En goûtant ça et là un soupçon de poudreuse
Sur la rive immobile, où la nature attend
Constante renaissance au retour du printemps
Où les rongeurs dorment en savantes tranchées
La glace réussit de belles avancées
Elle fige un instant, à l'abri du courant
Plaques prises au flanc du fleuve triomphant
Comme un défi posé à ce flot qui dévale
Magnanime et puissant, si fragile en aval
Un avertissement qui semble si cruel
Prolégomènes vains de l'éternel duel
Entre le froid qui mord et le torrent de vie
Le monde turbulent y apprend sa survie
Et l'enfant qui patine au cœur de ce vallon
Ne sait rien de ces forces, et porte attention
A la belle arabesque esquissée avec grâce
A son insu offerte au temps qui toujours passe.
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