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Philippe Pétain revisité (1856-1951)

le vendredi 04 mars 2016, à 17:34. Posté par Michel Ernest


    Du vainqueur de la Grande guerre
    Au chef d'état réactionnaire
    D'une France humiliée quatre ans
    Par l'envahisseur Allemand

    Philippe Pétain jette un voile
    Dans la mémoire nationale
    Et de son nom à tout jamais
    Laisse une image contrastée

    Pourtant cet enfant de l'Artois
    Qui perd sa mère à dix-huit mois
    Est élevé très strictement
    Par son oncle et ses grands-parents

    C'est en pension à Saint-Omer
    Qu'il rêve d'être militaire
    Et au collège qu'il désire
    Faire ses classes à Saint-Cyr

    Au bout de dix années d'études
    De grandeurs et de servitudes
    Il en sort fier et le front haut
    Avec le père de Foucauld

    Il est passé de lieutenant
    A capitaine et commandant
    Il est au rang de colonel
    Quand s'élève la tour Eiffel

    Il a quarante ans, guère plus
    Quand survient l'affaire Dreyfus
    Mais bien qu'il ait une opinion
    Il ne veut prendre position

    Il rêve de se marier
    Mais les costumes d'officier
    N'ont plus la cote, même pire
    Depuis la chute de l'Empire

    Alors, à l'École de guerre
    Notre élégant quinquagénaire
    Donne des cours de stratégie
    En vue d'un éventuel conflit

    En mil neuf cent-treize, il s'apprête
    À partir enfin en retraite
    Il a sous ses ordres, c'est drôle
    Un certain lieutenant de Gaulle

    Quand il regagne ses pénates
    Soudain la Grande guerre éclate
    Et le colon contre son gré
    Est obligé de rempiler

    Promu général de brigade
    Il fait tant honneur à son grade
    Qu’on le convertit sur le front
    En général de division

    Sous les ordres du père Joffre
    Par son génie tactique, il offre
    La victoire à ses fantassins
    À la bataille de Verdun

    Quand vient l’heure de l’armistice
    Pour ses bons et loyaux services
    Il obtient sa septième étoile
    Et son bâton de maréchal

    Juste au début des années folles
    Le vieux maréchal batifole
    Il épouse une ancienne amie
    Qui a vingt ans de moins que lui

    Nommé ministre de la Guerre
    Il n'occupe le poste guère
    Plus de neuf mois car son patron
    Donne vite sa démission

    Puis quand la guerre dite "drôle"
    Fait s'exiler Charles de Gaulle
    Sans hésiter il le condamne
    Et chef de l'État se proclame

    Pétain, à quatre-vingt-quatre ans
    Pour le nouveau César se prend
    Mais son "veni vidi vici"
    S'arrête aux portes de Vichy

    Alors il édicte des lois
    Pour que marchent au pas de l'oie
    Les pauvres Français occupés
    Sous peine d'être déportés

    En mil neuf cent quarante-cinq
    Avant que les alliés ne vainquent
    Il dissout vite la Milice
    Et court se réfugier en Suisse

    Quand l'Allemagne est envahie
    Pétain regagne le pays
    Il est aussitôt arrêté
    Écroué, jugé, condamné

    En mil neuf cent cinquante et un
    Dans un petit port Vendéen
    On l'enterre discrètement
    Il avait quatre-vingt-quinze ans

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commentaire ( 1 ) (Ajouter un commentaire)
ditesmoi le vendredi 04 mars 2016, à 19:44
cher Monsieur
Vous ne revisitez pas l'HISTOIRE mais la relatez fort bien.
Et cette lecture réactive mon trouble ; en effet je suis comme vous "écartelé" entre le souvenir du vainqueur de Verdun et celui du vieillard ambitionnant le pouvoir ; il en fit quoi?
L'histoire est dure avec sa mémoire
Mais soyons juste que restait il de ce pauvre pays lorsqu'il a ramassé ce qui trainait en quelque sorte?
Amicalement

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