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Dans l'anthracite nuit, savamment je garnis
De résine et de gris l'œil de ma marseillaise ;
Qu'il me guide sans bruit, de son regard de braise,
Vers son lointain pays sous les wili-wilis.
Son panache m'offrant, comme aux malihinis,
Ce collier que, bientôt, (faut-il que je le taise ?)
À l'eau je jetterai, qu'aux pieds de sa falaise,
Vienne se fracasser l'espoir que je nourris.
Ces mots d'amour torchés, ces étrons dans leurs langes,
Ces traces sur papier, ces terribles louanges,
Qu'emporte le flacon dépourvu de livreur,
Me laissent acculé comme une pauvre bête
N'ayant plus de cerveau mais seulement un cœur
Qui bat dans sa poitrine ainsi que dans sa tête.
Soudain un vieux cheval sabote les pavés.
Sur un tapis d'Alger, ramené de la guerre,
Je me laisse allonger, plaquer le ventre à terre.
Les pays envahis ont le goût des navets !
Un macaque s'enfuit quelques fruits dérobés
À un pauvre marchand servant une moukère.
Le singe me sourit, m'offre une orange amère
Comme pour me lester aux vergers dévastés.
Quand Une m'apparaît, trébuchant des trottoirs,
Me donnant la lumière au bout de nos couloirs.
Tous les plus grands brasiers naissent d'une étincelle.
Quel est donc ce vannier qui fit ce pont d'osier,
Enjambant le néant, où l'on tremble et chancelle
Comme deux bigarreaux sur l'anse d'un panier ? 
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