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J'ai oublié la peur et accepté la mort
Tous ces si gras vers ronds grouillent en mes orbites
Engloutissent mes rêves et mes visions magiques
Du bleu de mes iris ne reste que le bord
De mon cerveau brillant subsiste un peu encore
Les bribes de l'amour qui m'unissait à toi
Digérées en un temps par des lombrics matois
Et tous ces papillons qui restent à éclore
De mes bras si puissants persiste l'humérus
Nettoyé à l'envi par un essaim de mouches
Ils t'avaient tant serrée en unissant nos bouches
Tous nos os sont égaux même ceux du Négus
Et mon cœur qui battait bien souvent la chamade
De te voir si jolie au seuil de ton logis
Le doryphore ambré y vaque sans soucis
Les sentiments anciens sont en capilotade
Mon sourire charmant ne se peut oublier
Mes dents bien alignées comme des sémaphores
Le rictus carnassier qui me survit encore
Est bien insuffisant pour la mort égayer !
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