|

Et tous les jours il marche, agité et pensif
Il traverse la ville en grande diagonale
La foule bariolée est sa seule compagne
La folie a frappé d'un accès offensif
Ses traits durs enfantins, indice décisif
Pour comprendre la vie d'un échappé du bagne
Dans la rue enfermé, comme nu sans un pagne
Remontant l'avenue, un bien triste Sisyphe
Il parle aux démons fous qui habitent sa tête
Eux ne disent jamais de paroles de fête
Le tabac l'alcool fort sont ses seuls réconforts
Je le revois encore adresser au passant
L'éternelle complainte au sens inconséquent
Cette vie maudite au temps des châteaux-forts.
|