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Tu pourras le humer le parfum incertain
De cette femme rousse, enivrant et sauvage
Coup de vent qui te pousse à partir en voyage
Sans bagage autre que ce signe du destin
Ses cheveux fins et doux maintenus en voilette
Enserrés en épi, mouvement mordoré
Seule une mèche échappe au peigne coloré
Et tu crois reconnaître une odeur de violette
A l'arrivée au port, il te faudra encor
Te cacher prestement et écouter son souffle
Bien te montrer serein si la passion te touche
Ce visage à présent sera ton seul décor
Tu verras la Beauté en cet instant magique
Elle te prend dans ses rets, et toi pauvre manant
Tu bredouilles un mot vide insignifiant
Tu te doutes déjà que la fin est tragique
Puis le navire accoste en fin manœuvrier
La passerelle enfin, puis la terre de Corse
Ton cœur tangue et chavire et défaille en ton torse
Quand tu la vois descendre au bras d'un roturier.
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