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Je serais le champion de ma rousse égérie
Le jour n'y tenant plus je rentrerais au port
Découvertes fugaces, enchantements des corps
Comme en catimini un instant de magie
Cap sur le vert des îles, cap sur le bleu des yeux
Je contourne les cils où tant de rimmel coule
Un battement de vent et la mer qui roucoule
M'engloutirait soudain au cœur de l’île d'Yeu
Et tes lèvres si fines peintes à la gouache
Entrouvertes la nuit dans la chaleur du lit
Crispées à l'envi quand le verbe te fuit
Que la colère monte et ton passé rabâche
Tes sourcils harmonieux soulignés au lavis
Comme un trait de douceur, ma promesse de vie
Ils froncent le matin lorsque tu me supplies
De remiser enfin mes rêves racornis
Tes joues rouges au feu de mes belles avances
Elles soufflent le temps d'une incommodation
Moment d'impatience, incompréhension
Du sémaphore secret de mes bras qui balancent
Et le temps passerait, ces heures qui, jamais
Ne séparent les amants si siamois, et même
Elles gardent longtemps les yeux de Chimène
Les ans qui s'épuisent, pour bien partir en paix.
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