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Denis Diderot, ou bien Derot, dit Denis
Je n'ai jamais bien su qui était ce héros
Pour d'aucun cet homme est une encyclopédie
Pour moi il est un point sur un plan de métro
Mais qu'à cela ne tienne, un bon vieux dictionnaire
Viendra tôt mettre fin à cette indigne erreur
Et c'est là que je vois qu'avec un D'Alembert
De l'Encyclopédie, il est le créateur
Je note qu'il est né à Langres en octobre
De l'an mil sept cent treize au temps du Roi Soleil
Au sein d'une famille unie, discrète et sobre
Et comme il est l'aîné, à la foi, il s'essaye
Mais en définitive, il quitte la tonsure
Pour se rendre à Paris étudier en Sorbonne
Le latin, la philo et la littérature
Et la théologie, puisque sa sœur est nonne
Ses diplômes en poche, il dispense sa science
Compose des sermons, fréquente des théâtres
Écrit des articles au Mercure de France
Jusqu'au jour de l'an mil sept cent quarante-quatre
Où il devient l’ami de Jean Jacques Rousseau
Avec qui il écrit discours et puis musique
Ensuite il se marie et bientôt un berceau
Vient égayer ses « Pensées philosophiques »
Maniant aussi bien les notes que les mots
Et les lettres aussi bien que les mélodies
Avec le musicien Jean Philippe Rameaux
Ils rédigent ensemble avec lui un traité d'harmonie
Mais comme Denis a un vrai don d'éclectisme
Qu'il est ce qu'on appelle un auteur polygraphe
Que sa pensée penche vers le matérialisme
Dont les livres sacrés n'étanchent plus la soif
Il lui faut entreprendre un travail pour la vie
Une œuvre gigantesque où tout serait écrit
Plus qu'un grand dictionnaire : une encyclopédie !
Et durant vingt années vingt tomes, il publie
Légèrement fâché avec monsieur Rousseau
Il trouve réconfort auprès de Catherine
La grande impératrice émue par ses travaux
Qui lui donne une rente ainsi qu’une vitrine
Denis a cinquante ans quand l’ultime volume
Est enfin achevé, lorsque ses doigts sont gourds
D’une main hésitante il pose enfin sa plume
Pour se rendre à La Haye et à Saint-Pétersbourg
Là, il rencontre enfin la jeune impératrice
Grande amatrice d’art, qui paya son transport
Pour la remercier de sa main bienfaitrice
Il s’offre de trouver pour elle des trésors
De retour à Paris, le vieil homme est bien triste
Sa santé se dégrade, et d'une main fiévreuse
Il signe ses romans : "Jacques le fataliste"
"Le neveu de Rameau" et puis "La religieuse"
Dans son appartement au quatrième étage
D'un immeuble bourgeois de Saint-Germain-des-Prés
Diderot ne sort plus comme pris en otage
Par le fardeau de ses soixante et onze années
Au milieu de l’an mil sept cent quatre-vingt-quatre
L’écrivain-philosophe rend son âme au Seigneur
Qu’il me pardonne mon allusion idolâtre
Car il ne croyait pas à l’être supérieur
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