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Pour Rien ni pour Personne.

le mardi 29 mars 2016, à 14:11. Posté par Avenance


    Pour Rien ni pour Personne.


    …..Sans Cause ni Raison. Ainsi. Pour Rien ni pour Personne. En Vérité, de l'Incréé. Un pur Jaillissement. Des Profusions et des Altérations. Couleurs de Glaise et de Feuillage. De Branches mortes. D'Algues et de Limons. De Flaques et de Lumière. De Roc et d'Eau. De Millénaires. Et puis la Chair qui se différencie. Nous Sommes. Du Vivant qui se sculpte à du Mort. Espace pour la Bataille d'Être. L'Effort des Corps Extirpés du Silence. Vers le Manifesté. Et l'Outrage des Jours. L'Usure. La Tombe et L'Inscrutable de l'Oubli. Le Repliement que le Sépulcre désigne, occulte.
    Ainsi. Nous Sommes. Pour Rien ni pour Personne. Visages indéfinissables. Inquiétante Merveille. Sans Cause ni Raison. Ni Essence ni Substance ni Détermination. Ni Sens donné mais un pur Avoir-Lieu du Monde et de l'Evénement, Une improbable Désertion. Et nous avons été arrachés. Ainsi, nous Sommes. Une Naissance obscure, un Songe, un Advenir sublime et misérable dans la Compacité et L'Echancrure de l'Être, la Gangue épaisse de la Chair. Une Séparation. Un Mouvement, un pur Surgissement hors des Eaux primordiales et de la Terre, une Scission. Une incompréhensible Ligature.
    Et nous aurons été Jouissants et Souffrants dans l'Eclat du Sensible, sans jamais nous Rejoindre ni rejoindre le Monde. L'Esseulement nous tient, nous maintient et nous Porte. Ainsi, nous Sommes. En mal de Soi, d'Autrui, de Réconciliation. De part en Part, l'Eclat, l'Ecart nous traversent et traversent le Monde et nous rendent possibles. Ainsi, nous Sommes. Eclat, Ecart. Sentiment et Langage qui célèbrent et déplorent L'Absence . L'Absence indéfectible. Funérailles du Monde et de Nous-mêmes, tout Sentiment, toute Parole gorgés, intensifiés de Présabsence, chantent en Latence et en Cadence et l'Exode et l'Exil que donc nous Sommes et d'Âge en Âge, la Beauté, la Cicatrice du Réel, les Cortèges et les Danses d'Amour, de Mort, les Monuments et les Machines, les Singularités de l'Homme et de la Femme, l'Innocence splendide et Sauvage des Bêtes dont les Errances et le Regard sidèrent, les Villes invisibles dont Nous peuplons nos Rêves, le Mystère du Départ et de l'Eloignement.....
    Et nous nous éloignons, sans cesse, en Vérité, même au plus proche de l'Amour, L'Exil est sans Retour qui fut l'Evénement des Origines, du Sens et du Sentir, la Part Inaliénable de Nous-mêmes, l'Ombre fidèle et la Scission qui firent de Nous, Toujours et sans Retour, des Vagabonds du Désirable qui toujours se retire et S'éloigne. Et tu ne rejoindras le Monde ni dans les plus intenses Ferveurs, ni dans L'Elévation ni dans l'Humilité, l'Abaissement mystiques ni dans les Oeuvres d'Art les Plus sublimes où tremble le Secret des Profondeurs, où transparaît la Joie d'une Harmonie possible et désirée, un Paradis et un Pays toujours perdus.....
    Exil du Monde et Naissance des Signes, la Faille et la Distance et toujours nous Cherchons l'Autre Rive.....
    Sans Cause ni Raison. Quel Sens à Être ? Déliés, désunis, cousus de Chair et de Sauvagerie sans Nom, ce Puits sans Fond où tombe tout Poème. Un Langage Archaïque dont L'Hyper-Moderne est le lointain Echo. Pour Rien ni pour Personne.....

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