|
J’écris
Je noircis
Le blanc
Pourtant
Si je pouvais
Je tiendrais
Un pinceau
Peindre la peau
De couleurs
Tout en douceur
De bas en haut
Toile vivante
Mouvante
Mes mots s’étaleraient
Sensuels, bougeraient
Chauds comme le soleil
Où peut être le ciel
S’y refléterait
De bleu nacré
Nuages en miroir
Au fond d’un regard
La lune en reflet
Pourrait l’habiller
Si je pouvais
Oui, c’est
Une cascade de fleurs
Déposant leurs senteurs
Des perles de lumière
Pour embellir l’hiver
Sous des frissons d’argent
À tracer religieusement
Qui animeraient ma main
Pour inventer les matins
Un éphémère décor
Lisse, sur un corps
Comme un fil de soie
Jouant les émois
Des arabesques légères
Aux teintes de terre
Volant les pigments
Du brillant firmament
Les plus fins tissus d’or
Ne brilleraient plus fort
Mais j’écris
Je noircis
Le Blanc
Pourtant
|