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La veille de Noël mil huit cent trente-sept
A Munich, en Bavière, est née Élisabeth
Du duc Maximilien et de Ludovica
Mais Sissi on l'appelle, on ne sait pas pourquoi
Très proche de son père, elle adore les arts
Elle aime, comme lui, les journées bucoliques
Les chevaux, la nature, et il n'était pas rare
Qu'ils disparussent un jour ou deux de Munich
Quand elle a quatorze ans, Sissi tombe amoureuse
D'un modeste écuyer au service du père
Elle veut l'épouser mais la mère furieuse
Renvoie le prétendant qui meurt dans la misère
Sissi désespérée confie à son journal
Un déchirant poème et ne fait que pleurer
Sa mère alors pour lui redonner le moral
L'emmène avec sa sœur qui va se marier
Sa dite sœur Hélène, en ces heures, affiche
Une indicible joie car elle va se rendre
Chez l'empereur François Joseph premier d'Autriche
Qui n'a que vingt-trois ans mais est un cœur à prendre
Or, dès le lendemain de la cérémonie
Le jeune souverain dit officiellement
Que c'est Sissi qu'il veut pour femme pour la vie
Laquelle Sissi n'a guère plus de quinze ans
À Vienne, l'an suivant, on célèbre leurs noces
Et la nuit qui s'ensuit, la gosse est tourmentée
L'empereur habitué que les filles exaucent
Ses quatre volontés, sur un os, est tombé
Car la pauvre Sissi n'est pas du même monde
Bien trop pesantes sont les manies de la cour
Elle sombre alors dans une apathie profonde
Et ses beaux-parents ne lui sont d'aucun secours
Et tandis que Sissi s’enfonce dans le blues
L’empereur est à Vienne œuvrant pour son pays
Et bien qu’à la folie il aime son épouse
La guerre de Crimée le retient jour et nuit
Enfin, pas tout-à-fait, car ce primesautier
S'accorde toutefois les fruits de son amour
Il lui fait quatre enfants dont le prince héritier
Rodolphe qui mourra à Mayerling, un jour
Mais sa belle-mère qui est aussi sa tante
La déclare "immature, égoïste et puérile"
Et la belle devient, lors, contre toute attente
Impopulaire tant à la cour qu'en ville
Bientôt la jeune fille se met à tousser
Et on la croit perdue comme feue sa parente
Marguerite de Saxe morte l'an passé
D'une tuberculose encore adolescente
Son docteur préconise un séjour au soleil
Pour Madère, ou Corfou, la voilà embarquée
Mais à peine guérie, chaque fois c’est pareil
Dès son retour en cour la joie vient à manquer
Elle a près de trente ans et tout juste elle pèse
Entre quarante-neuf et cinquante kilos
Pour une hauteur d’un mètre soixante-treize
Si le corps est menu, les traits sont encor beaux
Sissi a une sœur nommée Sophie Charlotte
Qui aime son cousin, mais qui est fort déçue
Car Louis de Bavière en repoussant sa menotte
Lui avoue en pincer pour les beaux moustachus
Les années passent et trépasse l’entourage
De la pauvre Sissi qui s’habille de noir
Et ses pages aussi. Comme elle prend de l’âge
Ses formes rebondies ne peuvent pas se voir
L’empereur, son mari, trop occupé avec
L’empereur des Français, à lui faire la guerre
Laisse Sissi errant, la cigarette au bec
Débauchant la jeunesse et indignant ses pairs
À cinquante-deux ans, son fils unique meurt
Dans les bras de sa mie, assassiné, peut-être
Mais vraisemblablement le fils de l’empereur
A mis fin à ses jours à force de mal-être
Alors incognito, dessous un nom d’emprunt
Elle passe son temps en cures et voyages
Tantôt à Roquebrune, à l’hôtel Cap-Martin
Ou tantôt à Genève, à l'hôtel Beau-Rivage
C’est là qu’un Italien qui veut se faire un nom
Poignarde d’un seul coup au moyen d’une lime
L’infortunée Sissi qui disait toujours "non"
A ses devoirs princiers dans une cour sublime
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