|
A... celle qui n'est plus. A celle qui viendra.
Je pense à toi de Saint-Brieuc
Superbe ville.
C'est le pays des gens heureux,
Cité tranquille.
Ici tout est calme et douceur,
Paix, harmonie.
Ici, je nous vois bien, Mon Coeur,
Toute la vie.
Sous mes yeux les tons camaïeux
De verts défilent.
C'est là que nous serions le mieux
Pour notre idylle.
Certes c'est le pays du vent..
Pourtant j'y pense,
Il ne se fâche pas souvent,
Mais chante et danse.
Et la mer est pareille au ciel
En ses nuances,
Grave ou légère, secrète ou miel,
Profonde, immense.
Un ciel bleu si discrètement
Ou gris si tendre
Qu'il semble n'exiger des gens
Rien que d'attendre.
Attendre qui ? Quoi ? Où ? Comment ?...
A leurs fenêtres?...
Peut-être de tout simplement
Te voir paraître.
C'est à peine si quelquefois
Sur cette terre,
On parle des temps d'autrefois
En leurs mystères.
Au fond c'est une histoire ainsi
Que tu les aimes
Quand au Livre des Ans tu lis
D'anciens poèmes.
C'est le miracle de l'Amour
En son partage,
Offrande tout au long des jours
Jusqu'au vieil âge.
Le Bonheur est un sacrement
Pour gens tranquilles.
Nous vieillirons tout doucement
Dans notre ville.
Mais le jour jamais ne sera
Rien sans l'aurore.
Je voudrais t'avoir près de moi,
Te voir encore.
Las! le train qui s'en va déjà
Dissout mon songe.
Je me rêvais Alibaba.
C'est un mensonge.
Mais promets-moi, dis-moi qu'un jour,
J'aurais l'aumône
De pouvoir montrer notre amour
Rue Saint-Guillaume.
Saint-Brieuc octobre 1955
D'un manuscrit jamais édité "Mes Amours"
|