|

Je sens la mort visqueuse en attente d'un coup
À porter à mon sort, moi pauvre matamore
Pour bien pourrir mon corps et m'embrasser encore
Prestement dans le cou, comme une fin de loup
Je vois le criquet laid sucer mes os de verre
Et sa langue fourchue en savourer le goût
Si cruel pèlerin au regard un peu flou
Tous les insectes fous s'infiltrent sous ma pierre
Je vois déjà tout ça, j'en rêve tout mon soûl
Je revis à l'envi ces nuits de pleine lune
Instants de trahison où tu as pris la plume
Ce billet pas si doux écrit en plein mois d'août
Oui vite reviens moi, partons vivre le temps
Le long temps de jadis à découvrir ensemble
Et bien longtemps avant que ma main tant ne tremble
Vivons l'éternité assis sur notre banc.
|