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Chaque goutte qui tombait lui procurait un sentiment de joie, mais aussi de liberté.
Tout comme elles pouvaient aussi lui procurer un sentiment de tristesse et de douleur. Chaque pas le séparait un peut plus de sa maison, en pensant a cela, il se disait qu' il était enfin parti de l' enfer qu' il avait connu depuis maintenant longtemps... Ses bottes en caoutchouc ripaient quelques fois sur le goudron mouillé. Des fois, il tombait. Mais il se disait qu' il ne fallait pas ralentir, pas au moins avant que la pluie ne passe. Alors il se relevait, les mains égratignées, striées de plaies. En voyant les marques sur ces mains, ces marques, pourtant insignifiantes, il ne pouvait s' empêcher de penser a sa mère, couverte d' ecchymoses, qui se déversait des kilos de maquillage pour ne pas que les bleus se remarquent. Il pensait aussi a lui, quand il regardait ses bras meurtris, son cou rougis, ou son torse couvert de marques immondes, qui ne bénéficiaient d' aucun traitement, ne serait-ce que pour éviter qu' elles s' infectent. Un moment, il seras fort le collier qu' il portait. Celui que sa petite amie lui avait offert. Juste une corde, avec une dent de requin, un cadeau qu' elle lui avait ramener d' un voyage. Son visage lui revint en tête. Une larme perla sur sa joue, une larme qu' il essuya aussitôt. Pas le temps de pleurer. Même si cela lui faisait mal de la quitter, même si il ne l' avait pas prévenu avant de partir, il n' avait pas le temps de penser a elle. Il n' avait d' ailleurs le temps de ne penser a personne. Le seul chose qui était sa préoccupation était d' aller plus vite, pour aller le plus loin possible le plus rapidement possible. Son imperméable gris se fondait parfaitement dans le décor. On ne le remarquait pas. Les seules choses qui l' avait vue jusqu' a présent n' étaient que trois lapins. Et encore, vu au dernier moment. Les voitures ne passaient pas souvent ici, dans ce petit village perdu. Rarement dans sa course, il apercevait la lueur fantomatique de deux phares déchirant le rideau de pluie. Ces mêmes phares qui avaient faillit le percuter quelques minutes plus tôt. Les lignes blanches étaient difficile a voir, tant la pluie tombait violemment et tant les gouttes étaient nombreuses. Il débordait souvent sur la route, a cause de cela. Il savait d' ailleurs qu' il devait faire plus attention, car même si les véhicules était rares ici, il risquait de mourir. Après une vingtaine de minute, il vit le panneau :
St Pierre les Archanges
barré d' une croix rouge. Il s' arrêta devant, se retourna vers le village, et murmura : "adieu, père. Je te souhaite de souffrir comme j' ai souffert". Et il marcha lentement, le sourire aux lèvres. Une fois le panneau dépassé, il repris sa course. Tout en progressant, il caressait les herbes mouillées. Des fois, sa main passait sur des chardons, mais il ne sentait même pas la douleur. La douleur qu' il avait vécue auprès de son père était absolument incomparable avec ces piqûres futiles. Aussi, il ne ressentait plus la douleur physique. Tout du moins celles qui étaient inférieures a celle subie pendant toutes ces années. Il était maintenant libre. Son chemin n' était plus qu' un route pavée d' or, ensoleillée et lumineuse. A cette pensée, le ciel se découvrit de ces habits noirs et gris, et il se vêtit de lumière et de dorures, comme un signe du destin. Repensant a ce qu' il s' était promis plus tôt, il s' arrêta pour contempler le soleil, et l' arc-en-ciel qui venait de se former. Les deux minutes qui suivirent a cela, il les passa a regarder le ciel. Mais il recommença a courir après, se disant qu' un arc-en-ciel ne pouvait pas le sauver, et qu' il devait continuer a fuir. Mais il se dit aussi que ce présage l' accompagnerais dans sa fugue.
FIN.
Brett.
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