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Les porteurs de vie
Ils parcourent le ciel, tels de grands duvets blancs,
Poussés par quelque vent, d'alizés ou d'autan.
Ils naissent de la mer, sont un peu ses enfants,
Sous l'action du soleil et ses rayons ardents.
Ils ont des noms savants, par l'homme attribués,
Stratus, cirrus, nimbus ou simplement nuée.
Ils semblaient des cygnes, pour les yeux d'autrefois,
Ou, pour des vaches à lait, on les prenait parfois,
Dont le laitage blanc, la terre arrosait,
Et généreusement, les blés faisait pousser.
Leurs éclairs foudroyants, épouvantaient les hommes,
Qui disaient volontiers que dragons ils se nomment.
Leurs vapeurs légères et leurs contours changeants,
Font naître le rêve dans l'esprit des enfants.
Et le vol de ces nues est pour eux un bestiaires,
Dont les représentants, sont d'énormes chimères.
Tels de grands cerfs-volant, en toute liberté,
Ils franchissent les monts, les villes et vallées.
Ils n'ont pour squelette que des exhalaisons,
Faites de vapeur d'eau en simple suspension.
Leur précieux contenu, ils sauront déverser,
Pour abreuver la terre et la fertiliser.
Hommes, plantes, bêtes, ont la pluie espéré,
Leur vie est suspendue à une douce ondée.
Et cette goutte d'eau venue de l'océan,
Coulera dans la sève et aussi dans le sang.
Son retour à la mer prendra, parfois, du temps.
Quelquefois incluse dans les neiges d'antan,
Neiges éternelles qui forment les névés,
Régulent le climat et pour nous sont sacrées.
Si le Dieu de la pluie fut Zeus, le Dieu des Dieux,
Lui seul pouvait gérer ce capital précieux.
En gouvernant Éole et Poséidon,
Il orchestrait la pluie et lui donnait le ton.
En voulant l'imiter, l'homme devient démon,
Mais jamais d'un seul Dieu, ne portera le nom.
Gérard Lorine
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