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Vieillesse

le mardi 26 avril 2016, à 09:33. Posté par Luc


    La vieillesse




    Quand les années se font immenses comme des océans de larmes séchées
    Quand le décor des murs se couvre de la poussière des lacs asséchées
    Quand les secondes comptent pour des heures mais que vous êtes seul à les compter
    Quand tout autour le désert gagne à force de départs et de vivants embarqués

    La faiblesse, humiliante qui envahit la vie d’hier
    La souffrance qui la prend à présent toute entière
    L’encore plus de faiblesse vous laisse pantelant
    L’encore plus de souffrance vous rend haletant

    La route dont on a cru mille fois être venu à bout
    vous tient encore en haleine, hors de toute raison
    car le monde est finit, le fauteuil roule en rond
    seule nous tient cette extrême raideur du vieillard

    Il y a bien cette flamme protégée
    au fin creux de mon coeur abimé
    de tant de deuils et de solitude

    Il y a bien cette immense tendresse en moi, celle du bébé assoupi
    et puis cette candeur retrouvée qui de la dureté du monde oublie
    Mais cet appétit de chaleur se heurte à la froideur des manières
    l’Occident ne sait pas aimer ses vieux quand l’Afrique les chérit.

    Il y a tant de concupiscence hasardeuse dans le regard des vivants
    qui ont encore la force de jouer au jeu de dès jetés aux quatre vents
    Quand moi je dois ramasser mes forces dans un dé à coudre
    Pour tenter encore et encore dans le jour hagard d’en découdre
    avec ces successions de nuits au soleil blafard qui cache la lune
    Comme si le patois du silence comprenait les heures qui s’égrennent

    Mais ma patience s’effiloche dans ce dédale de corridors déjà si lointains,
    de figures qui s’effacent, de souvenirs endoloris qui sont encore les miens
    Même le chant des oiseaux s’affiche sur les murs de la cuisine d’or peint
    La clé des champs et la clé du sol se confondent dans un sillon fait par la main.

    Pas la mienne trop faible, flétrie par les soins donnés et les mains tenues,
    Pas celle qui fut si longtemps dans la mienne, envolé dans les cieux nues
    Celle qui a insufflée en moi la vie et qui m’a donnée la force de ces jours
    Celle qui a transformé mes espérances en victoires sur moi pour toujours.





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