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Marie
Magie du nouveau né
Encore déjà bébé
Une main comme un rouge gorge,
Un sourire de lune d’un nouveau monde,
L’énergie d’années lumière, larges ondes,
Coton épars repose en paix sur le sol d’ail,
Pétales d’or lancés au coeur dans le soleil :
Plus rien d’autre n’existe, nu
L’univers tout entier contenu
Dans le glougloutement louche,
Qui luit doucement de sa bouche,
Ravissement rythmique,
Illumination mystique,
Unique désir,
Eclat de rire,
Ravinement des durs à cuir,
Effacement des brochures,
Ruissellement harmonique,
Machinations carboniques,
Tout juste jouir,
Ne plus courir,
Ravissement pur, gastrique,
Ensevelissement magique,
Si le paradis était un jour sur terre,
Ce serait pour toujours cette mère.
Brusque à venir,
Risque à tenir,
Evanouissement de l’ancien être,
Resurgissement profond de bien-être.
Tout est absout.
A nouveau absolu,
Rien d’abscons,
Néant des gascons,
De fierté, que le sourire,
De rareté, que le pire
Apprentissage de la lumière pure,
Ravaudage des mistigris trop pires,
De piété abasourdir,
De pitié à en mourir.
Elle a pris un seul de mes doigts gantés.
Elle a saisi de son index mon nez prémonitoire.
Elle a compris comment m’aimanter.
Elle n’a rien d’autre, qu’être sur son promontoire,
Dont elle ne redescend que pour rire.
Elle connait tout de mes langueurs.
Elle renait si loin de mes peurs,
Dont elle balaie légère les repentir.
Autour d’elle l’ancien hop ! renait.
Nouvelle vie d’espérance,
Non pas faite d’errance,
Chemins sous nos pas, amenés.
Invitation courtoise,
Initiation bourgeoise,
Sans en avoir l’air,
Redonner de l’air,
Nous laisse pantoise,
Ecriture fine d’ardoise
Avec notre prénom
Et tous nos noms,
Y compris les échappés,
Ceux qu’on a bien oubliés.
Nouvelle naissance
Offerte soudain par le nouveau né.
Pieuse arborescence
Délivrée par la chenille bien aimée.
Tous se tenait à genoux,
Non pas pour l’honorer,
Mais pour se rassurer,
Sur ce Dieu si tant doux.
Le merci parait mendiante,
La louange grandiloquente,
La prière modeste,
Seule, est adéquate.
Dans le grand silence
De cette communion gazouillante
Il n’y a plus d’absence.
Dans cette réunion aimante,
L’étonnement
Amoureux,
Tâtonnement
Heureux.
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