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Les cieux se sont calmés, lassés de leur carnage.
Les blés blonds sont couchés après ce dur orage
Mais bientôt on verra dessous le vent nouveau
La crinière séchée aux longs épis dorés,
Promesse d'avenir, innombrable troupeau,
Onduler de plus belle avant d'être fauchée.
Car la bête -musclée- est déjà programmée
Qui n'attend plus que l'aube au soleil retrouvé.
Je savoure l'instant de ce spectacle agreste
Tandis qu'un arc-en-ciel se tend à l'horizon.
J'admire de nouveau le symbolique pont
En pensant, nostalgique, aux vieux chantres de Grèce :
Callimaque et Psappha, Théocrite, Platon,
Bacchyliste, Lycas, Homère, Anacréon,
Le bucolique Alcée, en ce peu qui m'en reste,
Qui racontaient si bien l'amour et la jeunesse,
La tristesse et la peur, Hadès et ses raisons,
Le désir et l'esprit, la ronde des saisons.
Et je songe qu'Iris, aux sandales de vent,
Parcourait en riant les champs de l'atmosphère
Pour tenter d'échapper, sans le vouloir vraiment,
Au tendre et doux Zéphyr, le bel aux cheveux d'or.
Le vieux temps du lycée en moi résonne encor.
Je constate qu'Eros, à qui je dois trop plaire,
Me décoche souvent une flèche en plein coeur,
Me croyant toujours jeune, insouciant, infidèle,
Il me veut amoureux . Hélas! pour mon malheur,
C'est une ombre qui passe, innocente et cruelle.
Le temps de mes seize ans qui renaît en ce jour.
On ne guérit jamais de son premier amour
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