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Le général Cambronne revisité (1770-1842)

le vendredi 13 mai 2016, à 17:08. Posté par Michel Ernest


Je voudrais dire quelques mots
Sur ce célèbre sieur Cambronne
Qui proféra à Waterloo
Une interjection polissonne

Quand les Anglais qu’il mit à bout
Tirèrent sur ce malotru
Lui qui voulait mourir debout
Comme par hasard survécut

Ce qui veut bien dire aujourd’hui
Qu’il existe deux hypothèses
Soit le général se rendit
Soit ce gros mot n’est que foutaise

Maintenant que lumière est faite
Je vous délivre telle quelle
Sa biographie complète
Pas beaucoup moins exceptionnelle

En mil sept cent soixante-dix
Pierre Etienne Jacques, dit Pierre
De Pierre Charles, est le fils
Et Adélaïde est sa mère

Son père est conseiller du roi
Et destine Pierre au commerce
Ce n'est pas du goût de son gars
Qui des aventures, se berce

Quand la Révolution survient
Dans les grenadiers, il s'enrôle
Pour combattre les Vendéens
Le roi n'étant pas son idole

Sous les ordres de Dumouriez
Rapidement il monte en grade
Il passe de sous-officier
À capitaine, en sa brigade

Pierre intègre l'armée de Hoche
Et puis celle de Masséna
Il est sans peur et sans reproche
Devant l'ennemi quel qu'il soit

Après le coup d'état du Corse
La France a besoin de soldats
Notre héros bombant le torse
Lui dit : "général me voilà"

Il participe à chaque guerre
S'illustre à chacune bataille
En plus des honneurs militaires
Il croule sous maintes médailles

Il est en Autriche, en Espagne
En Allemagne et en Russie
Et quand s'achèvent les campagnes
Il est général lui aussi

Sur l'île d'Elbe, il se propose
D’accompagner Napoléon
En remerciement, je suppose
D'un joli titre de baron

Fidèle parmi les fidèles
On le retrouve après cent jours
Conduisant la troupe rebelle
Sur le fier chemin du retour

A Waterloo l'armée succombe
Sans se rendre, je vous l'ai dit
Et lui muet comme la tombe
Est blessé d'un coup de fusil

On le guérit en Angleterre
Puis on le renvoie au pays
Où il passe en conseil de guerre
Qui rapidement le blanchit

Alors il se retire à Nantes
Où il épouse à cinquante ans
Une écossaise protestante
Qui ne lui donne pas d'enfant

Le roi l'anoblit d'un haut rang
Et le fait commandant de Lille
Le nomme maréchal de camp
De quoi laisser venir tranquille

Ainsi pendant dix ans encore
Le général meuble sa vie
Puis meurt de la pire des morts
Celle de mourir dans son lit

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