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Je dédie cette biographie
A celui qui me suit chaque jour
Tout au long de ces berges fleuries
Dont l'âme balise mon parcours
Cette promenade en bord de Marne
De Paul Cézanne porte le nom
Mais ce sont les oiseaux qui l'incarnent
Et qui me soufflent l'inspiration
Louis Auguste Cézanne, son père
À Aix-en-Provence fait négoce
De chapeaux, et Honorine Aubert
Sa mère au même endroit fait les gosses
En mille huit cent quarante-quatre
Louis Auguste et sa femme chérie
Dès janvier décident près de l'âtre
Qu'il est temps que tous deux se marient
Paul à cinq ans fréquente l'école
Puis il est élève au pensionnat
Lors, interne entre deux jours de colle
Il est l'ami d'Émile Zola
Il décroche son bac à vingt ans
Puis s'inscrit en faculté de droit
Car bien que sont talent soit patent
Il vise chez son père un emploi
Mais à Aix son avenir se couvre
Il s'en va à Paris exposer
On le retrouve copiste au Louvre
Car il est de partout refusé
Peu après cette mésaventure
Il s'isole dans une cahute
Et s'attaque à de mortes natures
Qu'avec un couteau il exécute
Quand la guerre avec la Prusse éclate
Avec Hortense sa fiancée
Aux calanques il se carapate
Pour ne pas être mobilisé
Au retrait des hordes berlinoises
Les planqués conçoivent un enfant
Et s'installent à Auvers-sur-Oise
Là où Monet est déjà présent
Plantant son chevalet près de l'eau
Paul apprend la peinture en plein air
Il allège palette et pinceau
Sa touche se précise et s'aère
Il expose avec ses camarades
Mais ne rencontrant pas le succès
Il brade ses tableaux, et maussade
S'en retourne à Aix, déboussolé
Il sillonne le sud de la France
Avec le peintre Monticelli
Et dans son petit mas de Provence
Renoir, Manet, Monet, il convie
Mais avec Zola rien ne va plus
Lui, l'ami de plus de trente années
Car dans une œuvre, il s'est reconnu
Décrit comme un artiste raté
C'est l'époque où Paul épouse Hortense
Où le couple enfin roule sur l'or
Ce n'est pas la gloire qui commence
Mais son riche père qui est mort
Alors un peu partout il séjourne
À Giverny, à Fontainebleau
Et petit-à-petit la roue tourne
On lui achète quelques tableaux
À cinquante-cinq ans, il s'installe
Une bonne fois dans le midi
Et là-bas au pays des cigales
Il inaugure sa galerie
Tous les plus grands peintres y exposent
Internationale est son aura
Jusqu'au jour où maître Paul, morose
Apprend la mort d'Émile Zola
Depuis mil neuf cent trois, à Paris
On a créé le "Salon d'automne"
Pour les peintres de son acabit
Et là, pour une fois Paul cartonne
L'an suivant notre sexagénaire
En peignant, par l'orage est surpris
Il meurt de congestion pulmonaire
Le tableau sauvé double de prix
J'ajoute quelques mots sur l'artiste
Qui comme un certain monsieur Jourdain
Ignorait être un impressionniste
Père du cubisme, pour d'aucuns
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