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Et il n'y a plus rien, qu'un éternel présent
Plus d'avant ni d'après, un instant infini
Plus de rouge ou de vert, la couleur transparente
Inonde les cyprès dans un soir toujours frais.
Indolore douleur sans aucune grimace,
Malades émaciés qui gardent le sourire,
Et le plaisir ici suscite indifférence,
Personne ne se damne en un ultime amour.
Le rythme de nos cœurs ne bat plus dans nos tempes
Un chant étale et morne, au son cru des cromornes
A remplacé la nuit ton souffle régulier,
A replacé le vent au centre de l'espace.
Je descends calmement ce fleuve millénaire,
Aux rives ensablées par l'alluvion du temps
Au plus fort des rochers nous manquons chavirer
Et la peur, le danger ne nous font plus trembler.
Sa peau froide tendue en un si laid rictus,
Un vieillard conte bien le crime de Brutus
Sans haine et sans regret, sans vengeance non plus
Ambitions et désirs ne sont plus de ce monde.
Autrefois toi et moi toujours entrelacés,
J'ai pleuré, tempêté à nos coups de tabac
Ici, partout, paraît un calme nonchalant
Qui nous fait oublier les fureurs de la vie.
La raideur de la mort m'a envahi soudain
Éternelle plongée au cœur de la froidure
Brisant en un instant mes heureuses années,
Et déjà se couler au profond de la terre!
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