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il est loin déjà, le temps de mes grandes marées
Où sur le sable fin , nous cherchions des galets
Quand le soir, près du bivouac, le ressac s'entendait
Nous étions si jeunes, bien loin des futures anxiétés.
Depuis ces temps jadis, tant d'heures se sont effondrées
Et les falaises de Douvres, un peu plus se sont éloignées.
J'entends encore le bruit du vieux caboteur d'Anselme
S'éloignant du quai, franchissant les passes au petit matin blême.
Plus de bruit de criée et de cohue des retours de pêche
Les femmes ne vont plus, place d'armes y rencontrer les matelots
De ces temps mémoriaux,même la place du marché a été rebaptisée.
Non on ne vit pas avec le passé , on me l'a trop de fois rabâché.
Le vieux sémaphore aux peintures décrépies ne brille plus la nuit
Il était si beau en pleine lune ou embrumé les soirs de crépuscule.
Même la maison des pêcheurs, grouillante de vie ne pousse plus un cri
Le bistrot de la Suzette, et ses soirs de guinguette, lui non plus n'est plus.
Il se fait si loin ces soirs de grande marée
Où l'on courait dans des flaques de mer y trouver des moules
Les bouchots ne sont plus,délocalisés chez les Hollandais
L'ironie du sort, chez les Batave, eux qui n'en mangent jamais
Que nous reste t-il en bordure de nos plages ensablées
Que des résidences dites secondaires sans humanité
Des commerces saisonniers, de souvenirs et de petits jouets
Des restaurant fruits de mer ,où l'on sert du poisson congelé
Et oui, j'allais oublier,on y trouve maintenant les rejets du monde
Des hommes ou des femmes d'Afrique ou d'Asie tout pétris d'humilité
Plein de leur souffrance qui se lit sur les rides de leur figure
Mais ces gens nous apprennent qu'ils gardent la souffrance pour eux
Prisonniers des barrières de la misère, la pire des prisons
Plusieurs fois que je vous parle d'eux ,ils en valent la peine
L'humanitaire se fait, ne pas fermer les yeux,si ça les aide un peu
Car ils attendent eux sans cesse la bonne marée
Qui les conduira en terre de liberté ,chez nos voisins Anglais
Depuis le premier jour du premier mois où je les ai vu
J'ai réalisé ce qu'était que l’exode des masses
Et le temps n'arrange rien,lis sont toujours aussi nombreux
Fuyant le soleil de la misère pour les crachins de la LIBERTE
Sans cesse et sans cesse au rythme des marées.
Ressac après ressac vers les voisins Anglais
Patrick
http://www.mespoemes.net/rimailleur
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