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Je marche dans les feuilles
En marge de la vie, en charge du malheur
Je m'imbibe en passant de la douceur de l'air
De l'amour du soleil
L'élégance des troncs
La mousse confortable et qui me tend les bras
Pour un repos total, divin et mérité
Le chant frais des oiseaux
Et les coups du pic-vert
Nous rappellent enfin
A l'ordre des humains, à l'ombre des branchages
Nous retrouvons toujours la mesure aux paroles
Lancées et en fuite, chuchotées sans suite
Qui nous ruinent le cœur
De tant de cruauté
Dix huit minutes pleines
A bien fouler cette herbe
Minutes sous les arbres
Et enfin me revient le goût des choses vraies
La douceur de ta joue, la tiédeur de ton cou
Tous ces secrets perdus dans le bruit des journées
Et nous nous enfonçons dedans ce quotidien
Nécessaire et brutal
Unique mais banal
La triste intransigeance, et toute cette engeance
Qui fait mal, qui fait mal
Et moi je te retrouve
Juste en t'imaginant, les mains dans la farine
Beignets de carnaval
Calme comme autrefois
Un vrai dormeur du val
Un vrai bonheur, enfin!
Et je sens les rameaux craquer dessous mes pas
Et le poids de mon corps épuiser les brindilles
Le calme m'envahit
Comme une métaphore, un instant si tranquille
En somme un aperçu d'une trop heureuse mort.
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