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La reine Margot revisitée (1553-1615)

le jeudi 09 juin 2016, à 12:33. Posté par Michel Ernest


    Quand protestants et catholiques
    Ne s'entendaient plus trop vraiment
    Il fallut que les politiques
    Intervinssent rapidement

    Ils décidèrent bien trop vite
    De marier Henri de Navarre
    À la petite Marguerite
    Princesse perdue dans l'histoire

    En mil cinq cent cinquante-trois
    Naît une enfant maigre et chétive
    Fillette du tout puissant roi
    Devant la cour admirative

    L'enfant, haute comme trois pommes
    Alimente bien des ragots
    Son frère Charles la surnomme
    Affectueusement Margot

    Leur père le roi Henri deux
    Par un certain Montgomery
    D'un coup de lance dans les yeux
    Au cours d'un tournoi perd la vie

    L'aîné des enfants a quinze ans
    Margot n'en n'a pas plus de six
    Alors règne implicitement
    Catherine de Médicis

    Mais déjà dans les cours d'Espagne
    Du Portugal et d'Angleterre
    Chacun veut Margot pour compagne
    Pour son fils, son neveu, son frère

    Pour finir c'est le Béarnais
    Qui finalement épouse
    Margot la sœur du roi français
    En mil cinq cent soixante-douze

    Le mariage dure trois jours
    Avec spectacle et bonne chère
    Quand au troisième soir, la cour
    Insulte les religionnaires

    Un massacre aussitôt s'ensuit
    En cette nuit du vingt-quatre août
    Et si Navarre reste en vie
    C'est grâce à Margot sans nul doute

    Après cette nuit d'épouvante
    Rouges sont les rues et la Seine
    Margot au Louvre se lamente
    Son époux croupit à Vincennes

    Celui-ci s'évade en décembre
    De mil cinq cent soixante-seize
    Margot est bouclée dans sa chambre
    Car sur elle des soupçons pèsent

    Elle tente bien de s'enfuir
    Mais la reine sa mère veille
    Son Henri n'est qu'un souvenir
    Et son cœur de nouveau s'égaye

    Or un beau jour ils se rencontrent
    Chacun au bras d'un autre amour
    Curieusement Henri fait montre
    De jalousie face à sa cour

    "D'accord pour se conter fleurette
    Mais déflorer n'est pas du jeu"
    Dit-il, et sur ces entrefaites
    Naît la "Guerre des amoureux"

    Qui l'a remporté ? Peu importe
    Mais je sais que bon an mal an
    Margot ne franchit d'autre porte
    Que celle de son "Vert-Galant"

    Et puis un jour ça recommence
    Elle tombe dans les filets
    D'un gentilhomme, puits de science
    Champvallon, Jacques de Harlay

    Les amants rentrent à Paris
    Pendant ce temps-là en Navarre
    Le roi, encore son mari
    Soudainement fait un bâtard

    Henri trois, son frère, la chasse
    Le Béarnais se moque d'elle
    Même sa mère la menace
    Pour être une épouse infidèle

    Blessée par toutes ces brimades
    Margot ne se sent plus très forte
    Et tombe gravement malade
    Si bien qu'on la donne pour morte

    Bientôt rassurée sur sa vie
    Ne pensant plus qu'à la vengeance
    Avec les Ligueurs elle vit
    Et dirige la résistance

    Mais l'assassinat d'Henri trois
    Lui fait soudain baisser les crosses
    Le Béarnais pour une fois
    Accepte d'annuler leurs noces

    Les tractations durent cinq ans
    Pour dissoudre le mariage
    Quasiment jusqu'en mil six cent
    Et Marguerite a pris de l'âge

    Elle frise la cinquantaine
    Quand l'annulation est acquise
    Elle garde son rang de reine
    Et sur ses terres la mainmise

    Quand elle retourne à Paris
    De nouveau les portes se rouvrent
    Le petit peuple l'applaudit
    Et les Grands l'accueillent au Louvre

    Souvent atteinte de malaises
    Margot peu à peu perd la flamme
    Elle est devenue presque obèse
    Et s'habille en vieille femme

    Malgré ces fâcheux handicaps
    Elle tient salon près de l'âtre
    Où gens de robes, gens de capes
    Gens d'église, y viennent débattre

    Quand son ancien mari décède
    Sous le couteau de Ravaillac
    Elle est si triste quelle cède
    Tous ses biens au fils du monarque

    Cinq ans plus tard c'est la princesse
    Qui meurt de longue maladie
    Et ses pairs, malgré ses faiblesses
    Portent son corps à Saint-Denis

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commentaires ( 2 ) (Ajouter un commentaire)
rivaudais le jeudi 09 juin 2016, à 14:17
moi qui aime passionnément l'Histoire, je me régale à lire ces récits en vers de notre savant ami Michel Ernest. (Je ne dois pas être le seul) En plus du plaisir pris à les lire, j' y apprends ou redécouvre souvent quelque chose

michel ernest le jeudi 09 juin 2016, à 14:55
Merci pour votre précieux commentaire. Moi-même qui aime l'histoire, je redécouvre des biographes. Je croyais que la reine Margot avait fini sa vie dans un couvent. Mon prochain personnage sera Hemingway dont je ne sais pas grand chose, mais qui ne va pas me quitter pendant trois jours... et trois nuits.

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