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J'aime bien Ernest Hemingway
Non pas "Pour qui sonne le glas"
Mais c'est son prénom qui me plaît
Le même que Che Guevara
Je sais qu'il faut être infantile
Pour l'aimer avec tant de zèle
Mais c'est dans mon état civil
Car Michel Ernest, je m'appelle
Ernest est né dans l'Illinois
Dans la banlieue de Chicago
D'un couple de petits bourgeois
Aimant la chasse et le piano
C'est dans cette ambiance éclectique
Que le petit Ernest grandit
En tuant le temps en musique
Faisant ses gammes au fusil
À quatorze ans dans son école
Il découvre Dickens, Shakespeare
Et soudain lui prend l'envie folle
De passer des nuits à écrire
Son diplôme une fois acquis
Il ne poursuit pas ses études
Et dit "oui" à un oncle qui
Est journaliste dans le sud
Quand en Europe vient la guerre
Ernest invalide d'un œil
Ne peut pas être militaire
Seule la Croix-Rouge l'accueille
Le six juin mil neuf cent dix-huit
Il rejoint le front italien
Mais il est blessé très vite
Alors qu'il secourt un copain
Dans un hôpital de Milan
Il vit une belle amourette
Naît la trame de son roman
"L'adieu aux armes", dans sa tête
En mars mil neuf cent vingt et un
Il est reporter sur le front
Gréco-turc, la plume à la main
Couvert par le bruit du canon
Puis à la fin de cette année
Le jeune Ernest est à Paris
Où il s'empresse d'épouser
Une compatriote à lui
Dans le quartier de Saint-Michel
Il fréquente des gens connus
Qui se prétendent pêle-mêle
Une "génération perdue"
C'est au contact de ces amis
Qu'Ernest écrit de nombreux livres
Dont "Le soleil se lève aussi"
Qui lui permettent de bien vivre
Au bout de sept années, Ernest
Quitte Paris pour la Floride
À peine installé à Key West
Il trouve l'endroit trop humide
Alors il veut aller là-bas
De l'autre côté du détroit
Pêcher l'espadon à Cuba
Jusqu'en mil neuf cent trente-trois
Finalement il se rend compte
Qu'on ne peut vivre longuement
En retrait des autres sans honte
Ce qui lui inspire un roman
Alors, en tant que journaliste
Pour un journal américain
Il part pour l'Espagne franquiste
Mais du côté Républicain
Quelques mois après la défaite
Celui-ci contrarié et las
Et le cœur à l'espagnolette
Publie "Pour qui sonne le glas"
On retrouve notre écrivain
De nouveau paré pour se battre
Au débarquement du six juin
En mil neuf cent quarante-quatre
Treillis, rangers, fusil, guitoune
Il court vers Paris, sabre au clair
"Mais qui est donc ce sombre clown ?"
S'écrit le général Leclerc
Ernest est, dit-il, le premier
À entrer dans la capitale
Il assiste aux échauffourées
Chantant sous une pluie de balles
Puis il fonce vers les Ardennes
Là où la bataille fait rage
Malade au bout d'un jour à peine
Il annule son reportage
Notre héros après la guerre
Se marie une fois encore
Il est bientôt quinquagénaire
Et sa santé se détériore
Il devient de plus en plus myope
À cause d'un mauvais diabète
Alors il doit quitter l'Europe
Pour Cuba et faire la diète
Son état allant s'aggravant
On le rapatrie aux U.S.
Où un docteur des plus savants
Le soigne avec délicatesse
Mais coriace est la maladie
Lors, comme son père jadis
Il se tue d'un coup de fusil
Telle mort, tel père, tel fils
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