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Je suis parti si tôt, mais je vais revenir,
Dans l'air matutinal à l'aube de nos noces,
Dans la fleur trop fragile hésitant à s'ouvrir
La tulipe en oignon qui regrette ses bosses.
Au plus fort de l'orage où je retrouverai
Le danger de l'éclair, la violence du vent
J'imaginais parfois cette averse de pluie
Qui nous surprend bientôt, et puis passe la vie
Je suis parti trop tôt et j'ai tant sacrifié
Aux portes de ton coeur je reste sans combattre
La lune plate et triste impose son teint blême
Sa face noire éteinte au commun des mortels
Ô retrouvons enfin ce semblant de couleur
Que nous donnait si fort le berger et ses fleurs
Le troupeau des alpages si odorant et beau
Qui répond de concert au doux bruit de l'appeau
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